Eastman 5360

Trouvé ici : Labeauratoire

Type : Positif noir&blanc orthochromatique

Sensibilité : environ 0.3 ISO

Date de péremption : juillet 2002

Couleur : rouge vif

Selon moi, il s’agit de la pellicule la plus étrange parmi celles disponibles chez Labeauratoire ! En effet, ce film est un positif direct à ultra-basse sensibilité dont le développement en positif s’effectue grâce à une chimie noir&blanc tout à fait classique ! Qui aurait pu croire que cela existait ? En tout cas, pas moi.

La coloration rouge de ce film est telle qu’il est conseillé de faire prendre un premier bain à l’eau pendant quelques minutes avant de commencer les hostilités dans le révélateur. L’eau ressortira fortement colorée en rouge. Ce bain n’est pas obligatoire, mais si vous comptez réutiliser le révélateur plusieurs fois, il vaut mieux y passer.

Pour le développer, je l’ai plongé dans du D-76 1+1 à 20 °C pendant 12 minutes. Comme souvent avec les films de Labeauratoire, je n’ai aucune idée du minutage dans le révélateur à appliquer. Cette première estimation de 12 minutes semble bien en-deçà de ce qui est réellement nécessaire pour que le film se révèle totalement en positif. Je pense que lors de mon prochain essai avec le 5360 je tenterai directement 20 minutes. Qui vivra verra ! Une fois développé, le film conserve une légère teinte rosâtre, mais je ne sais si cela est dû à mon trop faible temps dans le révélateur.

Avec seulement 12 minutes de développement, le film est déjà positif. Mais les images sont assez peu perceptibles, nécessitant ainsi beaucoup de contraste en post-traitement, ce qui vient exacerber les défauts du film, à savoir les rayures, les tâches d’eau et les poussières. Vous le verrez sur ces quelques photos ci-dessous.

La très basse sensibilité de ce film est à la fois un atout et un inconvénient. D’une part, il est possible de shooter en plein soleil à pleine ouverture sans avoir besoin d’un quelconque filtre neutre gris. D’autre part, en utilisation plus académique, le trépied est malheureusement obligatoire, mais vous pourrez rendre surnaturellement vides des lieux publics habituellement bondés de gens ou de voitures, comme n’importe quelle photographie longue pose d’ailleurs. Notez qu’avec un temps couvert et une ouverture standard de f/5.6, il sera nécessaire de faire une pose pouvant aller jusqu’à plusieurs minutes, et ce, toujours sans aucun filtre ! De nuit, la pose peut facilement s’allonger jusqu’à la demie-heure. Si votre objectif est très lumineux et si votre sujet est clair par temps ensoleillé, vous pourrez shooter à main levée. Mais vous taquinerez de toute façon toujours la vitesse de sécurité. Mieux vaut donc chausser des focales pas trop grandes !

Enfin, ce film est parfait pour épater les collègues, d’une part grâce à sa couleur vive et inhabituelle, et d’autre part en laissant votre appareil photo sur trépied avec télécommande pendant longtemps, ce qui en général suscite la curiosité des badauds.

Pour utiliser ce film correctement, il convient d’avoir un appareil photo dont les réglages soient assez permissifs. Mon Nikon F100 dispose bien d’un réglage ISO manuel allant de 6 à 6400 ISO si mes souvenirs sont bons. En utilisant la position 6 ISO et en décalant l’exposition par +5 IL, on arrive aux alentours de la sensibilité de ce film. Il ne faut pas oublier que comme nous travaillons au bord de la plage d’utilisation normale de la cellule, il est possible que les résultats en terme d’exposition soient incorrects ou hétérogènes. Mes essais sont plutôt concluants de prime abord, mais rappelez-vous que mon temps de développement est insuffisant pour pouvoir tirer des conclusions viables.

À travers une fenêtre. Paris – Janvier 2014 – Nikon F100 – Sigma 12-24mm :

À travers une fenêtre. Paris – Janvier 2014 – Nikon F100 – Nikkor 50mm f/1.2 :

À travers une fenêtre et avec du flou de bougé car mon trépied était un peu trop léger pour cette prise de vue. Paris – Janvier 2014 – Nikon F100 – Nikkor 135mm f/2 :

Paris – Janvier 2014 – Nikon F100 – Nikkor 135mm f/2 :

Le copain Blackout, prévu pour une prochaine expédition. Paris – Janvier 2014 – Nikon F100 – Micro-Nikkor 55mm f/2.8 :

De nuit. Lognes – Janvier 2014 – Nikon F100 – Nikkor 300mm f/2.8 :

Lognes – Janvier 2014 – Nikon F100 – Micro-Nikkor 55mm f/2.8 :

Le 5360 est étonnant sur tous les plans. Ce film convient particulièrement aux mordus de l’expérimentation comme moi. Il m’a comblé. Vous comblera-t-il ? ;-)

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